lundi 13 février 2012

Dernier bonjour de Bangkok















Les bateaux continueront de sillonner le Chao Praya au bruit strident des sifflets des préposés à l'embarquement ou à l'accostage; les lourdes barges de remonter le fleuve; les khlongs d'offrir la poésie d'un univers hors du temps en sursis; le commerce de flamber ; le métro d'être bondé et ses usagers de courir, bien après que nous ayons regagné la France.
Quand reviendrons-nous ? Nul ne le sait, mais l'appel de l'eau finira par être le plus fort...
A bientôt, Chao Praya, Prince des fleuves et nerf de Bangkok !

La pensée du jour : Que nous partions ou arrivions, rien ne change sur la face du monde. Merveilleux message d'espoir plutôt que mélancolie. Nous pourrons toujours revoir ce que nous avons aimé, à condition de savoir le préserver. Dans ce combat, nous sommes un, nous sommes tous.

Votre impénitente blog trotteuse Mme Torchon-à-la-main,
Qui se demande déjà où elle ira ensuite traîner ses basques, sans son chiffon
Sawasthika !

Illustrations : c'est aussi cela Bangkok !
Quartier de Dusit : le Palais Vimanmek. Magnifique résidence royale d'été en bois, au milieu d'un magnifique jardin fleuri et de canaux incitant à la promenade.
L'un des nombreux temples de la ville.
Ville moderne : Mémorial et chedi magnifiquement restauré en l'honneur de l 'un des anniversaires du Roi.
Déménageurs, petit marchand ambulant ou immenses artères commerçantes labyrinthiques où il fait bon se perdre, l'activité ne cesse jamais.
Bidonvilles sur le chemin du musée des barges royales ; petits commerces au rez de maisons branlantes et puantes, mais aucune agressivité. Musée qui ne valait pas ce triste détour ! 100 bahts l'entrée par personne. 100 autres pour photographier et encore 150 supplémentaires pour une vidéo ! Prévenus de cette énormité par un routard canadien que l'on rencontrera quatre fois au cours de cette même journée en divers endroits ! Hangar donnant sur le fleuve à moitié vide, on épie depuis l'extérieur le désolant spectacle de 4 à 5 barges dorées, mais d'allure fatiguée. Décorées de pierreries et d'or. Dragons en figures de proue. L'on en déduit qu'il vaut certainement mieux les admirer lors de la grande parade annuelle, lorsqu'elles transportent le Roi et la Reine le long du fleuve, décorum et habits de lumière...
L'un des embarcadères, le long du Chao Praya.
Train ou avion, ne partez pas encore. Le voyage n'est pas tout à fait terminé

dimanche 12 février 2012

Bangkok, le "Wat Shutat"












Situé à côté de la "Grande Balançoire", le "Wat Shutat", d'inspiration chinoise, est l'un des plus vastes et des plus beaux temples de Thaïlande. Chef-d’œuvre de l'art "Ratanakosin", (fin du 18ème et début du 20ème) école inspirée par la dynastie "Chakri", réfugiée à Bangkok, sa nouvelle capitale.
Fidèle à la lignée ancienne, la nouvelle architecture adopte résolument un style complexe, voire clinquant. Multiplication de motifs tape-à-l'oeil, temples de plus en plus imposants et élaborés. Hauts piliers soutenant la charpente d'une toiture à pans multiples. Engouement pour l'art chinois et occidental.
A l'origine au cœur de Bangkok, le temple matérialise le centre de l'univers bouddhique et hindouiste, initialement dédié au dieu hindou Indra qu'on peut apercevoir au-dessus de la porte principale, chevauchant l'éléphant Erawan.
Le pavillon chinois en pierre représente le "Kaho Mor" colline évoquant le mont "Méru" et sa forêt sacrée. Le meilleur de l'édifice demeurant le "wihan" ou temple, fermé par ses deux magnifiques portes en bois de teck. Sculptées, selon la légende, par le roi Rama II en personne...
L'intérieur est magnifique, l'on peut y admirer, entre autre, un superbe bouddha en bronze doré de 8 mètres de haut, l'un des plus grands bronzes hérité de Sukhothai. L'atmosphère y est bon enfant. Plusieurs groupes de femmes pique-niquent joyeusement, face au gigantesque dieu.
En sortant de l'enceinte, une allée conduit à l'"ubosot," bâtiment réservé aux religieux qui y pratiquent les cérémonies sacrées. Portes comiquement flanquées de "Farangs" ou "longs nez". Costumes à doubles rangées de boutons et épaulettes. Grognards de Napoléon. Visages expressifs, traits accentués. Marque de l'étonnement des Asiatiques pour nos nez d'Occidentaux, très longs par rapport aux leurs.


La pensée du jour : Difficile, après cela, de ne pas se regarder dans un miroir... Si seulement je pouvais leur conter les mésaventures de Pinocchio ! Peut-être découvrirais-je, lors d'un prochain voyage, un tout nouveau "Farang" marionnette, son maxi nez touchant le sol

Votre toujours dévouée blog trotteuse "long nez",
Ci-devant Mme Torchon-à-la-main
Bisous "farangs"

Photos : la "Grande Balançoire" : curieux portique de teck rouge de 27 mètres de hauteur. Autrefois, chaque janvier, une cérémonie en l'honneur de Shiva s'y déroulait. Les moines brahmaniques, rivalisant de courage ou de témérité, s'y balançaient - représentation du mouvement du dieu dans le ciel - tentant d'arracher avec leurs dents des sacs d'or suspendus au sommet. Cette coutume, jugée dangereuse (nombreux morts !) fut supprimée en 1935. Le portique demeura... Illustration du sytle Ratanokosin : nombreux pilastres, superposition de toits et flèches qui s'élancent vers le ciel. Le jardin chinois. Les fameux "Farangs", dont un curieux couple ! Génie bienveillant.


jeudi 9 février 2012

Bangkok, palais de la princesse "Suan Pakkad"











Plus que quelques jours avant le retour, moment zen à parcourir le jardin et les 8 maisons traditionnelles du palais de la princesse "Suan Pakkad". Pause magique dans une oasis décalée, à l'écart de la bruyante et dynamique Bangkok, gratte-ciel qui se profilent dans le lointain...
Le palais " Suan Pakkad" qui allait devenir la résidence du Prince Chumbhot Paribatra de Nagor Svarga, petit-fils du Roi Chulalongkorn (Rama V, 1868-1910, règne le plus long de Thaïlande) et de son épouse, M.R. Pantib Paribatra, Princesse Chumbhot de Nagor Svarga, fut un terrain autrefois utilisé pour la culture de choux, d'où il a tiré son nom "Suan Pakkad" ou le "Jardin des choux".
Un groupe de maisons thaïes traditionnelles (maisons I-IV) héritage de la famille datant du 19ème siècle, constitue la pièce maîtresse architecturale du palais. Démontées sur leur ancien emplacement pour être transportées, ces maisons ont été reconstruites sur le terrain du Palais en 1952 pour servir à la fois de salles de réception et d'exposition pour l'importante et remarquable collection d'objets d'artisanat du Prince et de la Princesse , grands amateurs d'art, en partie héritée du père du Prince. Le public fut rapidement admis à découvrir les collections, avant que ne soit ouvert ensuite un véritable musée. Ce fut probablement le premier exemple d'une famille thaïlandaise qui acceptait d'ouvrir sa résidence au public, tout en continuant à vivre sur place.
Au fil des ans, d'autres structures traditionnelles thaïes s'ajoutèrent aux quatre premières maisons. Maisons V à VIII et le pavillon de laque, s'élevant dans le jardin principal. Le centre des Arts Chumbhot-Pantib fut construit en 1996 pour abriter la collection de Bang Chian (poteries) et la galerie Marsi.
De nos jours, le palais "Suan Pakkad" appartient à la fondation Chumbhot-Pantib, une des plus grandes organisations philanthropiques de Thaïlande qui en assure la gestion. Fondée en 1968, elle déploie ses activités dans divers domaines, tels que l'éducation, la protection de l'environnement, l'Art et la culture.
Amateurs d'art et de tradition de passage à Bangkok, courez-y ! Vous ne pourrez qu’être charmés. S'il y a une chose à ne pas rater, c'est bien le palais du "Jardin des choux".
Exemple de ce que vous pourrez y voir : collection d'instruments de musique particulièrement rares, xylophones, tambours, gongs, violons à trois cordes. Statues de Bouddha, pierres précieuses et minéraux, bibliothèques recouvertes de peinture en or sur fond de laque noire, pièces de mobilier traditionnel thaï, objets d'usage personnel, porcelaines de Chine, etc...

La pensée du jour : La beauté apaise et pacifie l'âme. Elle rend aussi heureux. Vive le chou, dont les qualités ne sont plus à démontrer. Bienfaits qui se poursuivent bien au-delà de son arrachage.

Votre nostalgique blog trotteuse Mme Torchon-à-la-main,
Qui ne peut s'empêcher de songer au retour

Photos : les jardins. Un havre de verdure où coulait un ruisseau... Juste sous les voies du métro aérien
N'oubliez pas ! Un clic gauche, elles s'agrandissent. Pour mieux me voir, mon enfant !


samedi 4 février 2012

Damnoen Saduak : le dernier marché flottant




















Marché flottant disparu des khlongs de Bangkok, ne reste plus que celui de Damnoen Saduak, situé à 1 heure trente de Bangkok et cité par toutes les agences de voyage ! Le dernier, le seul, l'authentique : celui où des dizaines de barque colorées, serrées les unes contre les autres et conduites par des villageoises coiffées du traditionnel "lampadaire" en paille de riz, négocient les produits du jour dans une joyeuse effervescence.
Certaines voix s'élevant ça et là pour affirmer que si l'on ne passait pas la nuit sur place pour être au fameux marché dès les 6 heures du matin, l'on ne trouvait que des barques à touriste, on y avait renoncé. Surtout que le voyage par ses propres moyens s'avérait ardu et le coût de l'organisé, à la hauteur de la dernière rareté flottante !
Curiosités de Cha Am épuisées, tentés par la proximité de Damoen Saduak, trajet plus court que depuis Bangkok, on estimait que l'on pourrait regretter, par la suite, d'avoir regagné la France sans savoir de quoi il en retournait exactement.
Guide étudié et renseignements obtenus auprès d'amis qui y s'étaient rendus il y avait quelques années, l'on pensait, une fois sur place, pouvoir visiter le marché depuis des pontons publics. Donc, sans bourse délier. C'était compter sans l'imagination débridée des Thaïs à exploiter la soif de connaissance des "Farangs"...
Taxi négocié le jour précédent, l'on prenait la route vers les 8 heures du matin. Sur les 9 heures, à l'approche de Damoen Saduak, nombreux cars alignés le long du bitume, mauvais pressentiment.
Rues animées, flots de voiture, soudain notre taxi bifurque pour se garer sur un parking. On écarquille les yeux. Point de ce qu'on était venu chercher ! Notre chauffeur nous indique sur sa montre qu'il repassera nous prendre d'ici deux heures, temps largement suffisant. On le retient, on lui dit qu'il n'a pas dû comprendre, que c'est le marché qu'on souhaitait voir... Il fait "yes", sans se démonter, puis nous indique la direction à prendre de la main.
Quelques centaines de mètres, on débouche sur une large esplanade, enfin bordée d'un khlong : nombreux "long tails" à l'arrêt et vendeurs de tickets. 2000 bahts pour deux pour embarquer, serrés comme des sardines. Interdiction et impossibilité absolues de s'y rendre à pied... Merveilleux sentiment de s'être encore fait posséder, on proteste et on refuse de payer si cher, une fois n'est pas coutume, très fâchés. Un Français, organisateur de la balade parmi d'autres, s'approche alors - entre Français on s'arrange - et nous négocie le passage, un "long tail" pour nous tout seuls.
1'400 bahts de taxi, 1'600 pour le bateau, on s'installe, reconnaissants, mais quand même légèrement dégoûtés ! Le début de la balade s'annonce bien,traversée de khlongs bordés de forêts de cocotiers. On respire et on profite du paysage. Arrivée au cœur du marché, les pontons sont entièrement occupés par les souvenirs et les restos, profusion de "long tails" comme le nôtre et leur cargaison de touristes. Embouteillage monstre, 1 barques à légumes ou 2 avec marchandes pour qu'on continue d'y croire...
Au troisième arrêt achat, on proteste qu'on n'est pas venu pour ça et qu'on veut voir du vrai. Notre batelier acquiesce, empruntant immédiatement un khlong voisin pour une balade d'une heure, loin de la foule. Cocotiers, maisons les pieds dans l'eau, habitants qui vaquent à leurs occupations, glissement de la coque et temples, le charme opère. Finalement, peu importe que le marché flottant ne soit plus qu'une duperie pour toutous ou qu'il faille effectivement s'y rendre aux aurores, immergés au milieu d'un monde harmonieux qui semble vivre au ralenti, on est très heureux. Le plein de beauté dans le regard.

La pensée du jour : plutôt qu'accepter de vous faire pigeonner, sortez des sentiers battus en inversant les rôles. Satisfaction et découverte garanties. Fierté pour votre débrouillardise en plus !

Votre rodée globe-trotteuse Madame Torchon-à-la-main,
Contente d'être de retour parmi vous.
Amitié du marché...

Photos : départ pour le marché. Déception, multiples souvenirs et embouteillage. Loin de la foule. Magnifiques maisons traditionnelles. Le temple du bord de l'eau