mardi 3 janvier 2012

Phitsanulok




















1 heure de train, départ 9 heures, très beaux paysages : rizières à perte de vue, émaillées de petits coins de repos et d'épouvantails, bananiers et réapparition de cocotiers, nombreuses belles maisons traditionnelles en bois de teck, nous voilà à Phitsanulok.
Curiosités : un seul temple, mais magnifique ! La fonderie des bouddhas, provenance de tous les bouddhas de Thaïlande. Le jardin des oiseaux. Triste à faire peur, dans un décor relevant plus du squat que de la volière !
La fonderie : passée l'entrée et ses nombreux panneaux explicatifs fort intéressants, nous voici dans l'atelier de fabrication. Matériaux disséminés un peu partout et bouddhas à tous les stades de leur création.
Première étape : verser de la cire bouillante à l'intérieur des moules qui sont soigneusement conservés pour une prochaine utilisation. On obtiendra ainsi des statues en cire.
Deuxième étape : le démoulage
Troisième étape : leur faire les ongles ! en creusant la cire.
Quatrième étape : le gainage. Recouvrir les statues d'un mélange de plâtre, de sable et d'eau.
Cinquième étape : les enrober de fil de fer et répéter l'opération 4.
Sixième étape : chauffer ces masses informes, la cire s'écoulant par deux trous.
Septième étape : remplacer la cire qui s'est écoulée par du bronze en fusion.
Huitième étape : après refroidissement, les coques sont cassées, le fil de fer récupéré. Les statues nettoyées de toute trace ou résidu de plâtre ou de cire.
Dernière étape : poncées, laquées, reponcées et relaquées. Prêtes à la vente. A recevoir l'or éventuel.
Minutieux travail d'artistes, statues pouvant aller de quelques centimètres aux immenses bouddhas devant lesquels s'inclinent les foules.
Temple de "Wat Phra Si Ratana Mahatat", au bord de la rivière Nan.
Une fois encore, la religion fait partie de la vie. Négoce et foi en parfaite harmonie, l'un soutenant l'autre...
Son accès est rendu difficile par un gigantesque marché qui s'étend jusqu'aux portes du cloître ou des escaliers d'entrée. Ville dans la ville, où l'on trouve de tout : vêtements, jouets, vaisselle, articles de bijouterie et de pacotille, souliers et nourriture. Dont : sauterelles, criquets, chenilles, larves ou gros scarabées grillés. D'apparence pas répugnants, ils puent fortement ! Ce qui n'empêche pas leur succès. Inutile de vous dire qu'on n'y pas goûté...
Ça grouille de monde et ça achète à tout-va ! Ruelle encombrée par ruelle encombrée, on se faufile jusqu'au temple. A peine passé le cloître, nous voici dans une oasis d'harmonie et de calme !
La cour, elle, résonne du son des gongs sur lesquels les fidèles frappent pour signaler leur présence aux dieux et les inviter à écouter leurs prières. Puis ils s'approchent des autels pour y brûler des bâtons d'encens. Autres offrandes : gobelets en céramique plein de menue monnaie à glisser dans chacun des bols en bronze pour acquérir des mérites. Achat de billets à la couleur de son jour anniversaire avec versets.
A l'intérieur, de superbes peintures murales figurant l'illumination de Bouddha et sa renonciation au monde. Puis, parmi une foule dévote qui se presse, plafond à caissons, colonnes bleu et or en chapiteaux à fleur de lotus, l'une des statues les plus vénérées de Thaïlande, trônant en majesté. Un bouddha, magnifique ! prenant la terre à témoin. L'un des grands chefs-d’œuvre de l'art de Sukhothai, nimbé d'un halo de flammes et protégé par deux nagas.
A l'extérieur, l'on peut encore admirer un très beau "chedi" doré et l'escalader.
D'après le Michelin, une étape à 1 étoile, mais où l'on a beaucoup appris avec, en prime, un merveilleux temple. Des goûts, des couleurs...

La pensée du jour : interdit d'acheter et de ramener le moindre Bouddha. Mais on ne parvient pas toujours à obéir ! Comment résister, à la fonderie ? Et puis, le nôtre, bol de mendicité compris, il était si petit, il ne pouvait offenser personne, même acquis par des Farangs ! Surtout pas si soigneusement enroulé, bien au chaud, dans l'un de mes pulls...

Illustrations : la fabrique de bouddhas. La rivière Nan et l'arrivée au temple. Le cloître et la cour du temple. Les peintures murales. Le vénéré Bouddha : "Phra Phuttha Chinarat". Le chedi doré à escalader




lundi 2 janvier 2012

Sukhothai, suite
















L'ère de Shukothai s'étend de 1220 à 1349. Dans les régions où la population thaïe, venue de Chine, est devenue prépondérante, une élite se saisit progressivement du pouvoir. Jusque-là, l'autorité khmer était encore reconnue. En 1238, deux souverains siamois chassent de Sukhothai le proconsul imposé par l'Empire. L'un deux s'y fait couronner en prenant le titre khmer (ultime hommage) de "Si Intradit". Dès la fin du 13ème siècle, la ville devient une cité autonome, dont la puissance se mesure à sa capacité de développer la région, coordonnant des travaux d'irrigation qui feront de la plaine alluviale un riche grenier à riz.
L'influence grandissante de la cité sur l'ensemble du bassin du Chao Praya permet ainsi l'émergence d'une véritable société thaïe, dotée d'institutions, d'une architecture et d'un art propre, dont les immenses statues de Bouddha constituent l'expression la plus originale et grandiose. Avec la promotion du bouddhisme "theravada" au rang de religion officielle, l'ascendant des Siamois sur leur nouveau pays est renforcé.
9 rois vont se succéder à Sukhothai, dont Rama, dit "le Fort", période de forte expansion territoriale. Mais les derniers successeurs se montreront négligents, obligeant le dernier souverain, Li Thaï (1347-1368) à reconnaître la suzeraineté du prince d'U-Thong, fondateur d'Ayuttaya.
Aujourd'hui, il reste de cette immense et opulente cité épargnées par les habituelles destructions des envahisseurs étrangers, de superbes vestiges. Temples et statues, rehaussés magnifiquement de bassins et de douves, que l'on parcourt en bicyclette ou tuks-tuks.
Un plan,avec le nom des différents temples, facilite la visite de ce site d'exception restauré comme à son origine, s'étendant sur pas moins de 70 km carrés. Comprenant la cité royale, derrière sa triple enceinte en briques, et les temples hors les murs.
De ces innombrables précédents Bouddhas admirés, tout recouverts de colliers de fleurs ou surchargés de feuilles d'or à en avoir les traits déformés, j'avais surtout retenu l'extrême dévotion qu'ils engendraient, leur magnificence ou l'extrême raffinement qui les entourait. Dans cette plaine sublimée par les plans d'eau aux lotus épanouis, à la sérénité qui vous prenait à la gorge, ces colossales statues aux traits purs, nues de toute marque de religiosité, dégageait une spiritualité telle que je ressentais avec force pourquoi tant de gens avaient choisi de suivre les préceptes de Bouddha et de le vénérer.

La pensée du jour : La beauté est une et plurielle. D'ici et d'ailleurs. Ephémère, cyclique ou intemporelle. D'hier et d'aujourd'hui. De chair, de plumes, de pétales, de pierre, d'eau, d'air ou de feu, mais toujours fragile. Elle est aussi notre avenir. Sans elle, le monde ne serait qu'obscurité et désolation.

Votre impressionnée Mme Torchon-à-la-main,
Qui songe sérieusement à se faire rectifier le nez !
Bénédictions de Bouddha

Illustrations : autres statues et temples de Sukhothai. Mettez-vous en face, la statue vous apparaît. Déplacez-vous sur le côté, elle s'efface. Plans d'eau et lotus. Contrairement aux nénuphars qui flottent en surface, les fleurs de lotus s'élèvent au-dessus de l'eau. Au-dessus de la boue. Symbole de pureté, la fleur parfaite pour Bouddha

dimanche 1 janvier 2012

Sukhothai historique


















L'envers ne valant pas toujours l'endroit, après une agréable soirée à rêvasser dans notre jardin face à la rivière, sommeil fortement entrecoupé. Obscurité ponctuellement remplie par tous ces bruits du quotidien, encore amplifiés par une activité nocturne au ralenti. Trompeuses parois de rondins non isolées, aussi fines, niveau vacarme, que du papier de soie.
Jusque vers les 4 heures du matin, multiples toussotements et pétarades des mobylettes, tuks-tuks, voitures ou 4x4 qui rentraient au bercail. Perturbations si proches de mes oreilles, que je croyais sentir les vapeurs d'essence et que je n'aurais pas été surprise de voir tous ces véhicules percuter le bungalow, notre lit pour borne d'arrêt... Suivis, corollaire immédiat, de belliqueux aboiements de chiens, enfermés dans l'école d'en face pour en assurer la surveillance.
Au moment où je pensais enfin roupiller en paix, gens casés et molosses endormis, épuisés par leur besogne acharnée,voilà que des pépiements joyeux prenaient le relais. Hommes couche-tard et oiseaux lève-tôt ! Quel pays. Dieu sait combien j'aime ces charmants volatiles, jusqu'à les protéger des chats et songer à les nourrir l'hiver, mais là, la coupe était pleine. Même menacée des pires sévices, je n'aurais pas arrêté le bras vengeur qui les ferait brochettes. Ce qui ne risquait pourtant pas d'arriver, question de karma !
Cui-cui plus apaisants que les précédents tracas, je parvenais à sombrer dans une bienheureuse, mais courte inconscience. 6 heures du matin ! Autres bruits de moteur, voix adultes et cris d'enfants. Chiens emmenés autre part, l'école ouvrait ses portes et comme dans tous les pays du monde, les premiers parents amenaient leur progéniture. C'était le moment ou jamais de mettre ma théorie en pratique, afin d'être en forme pour la journée. "Si je n'ai pas dormi, c'est que je n'avais pas sommeil"...
8 heures du matin, précédant les cours, rassemblement de près de 200 élèves et mise au carré, comme à l'armée. Puis, dans un respectueux silence, levée du drapeau et hymne national. Ensuite, quelques mouvements de gymnastique collectifs et le plus grand lavage de dents auquel il nous ait été donné d'assister, chaque élève sa brosse à dents et son gobelet à la main, pour cracher avec un parfait ensemble dans l'un des nombreux lavabos alignés sur l'un des côtés de la cour. Fin du rituel matinal : chaque classe, regroupée et en rang, gagnait l'intérieur du bâtiment. Impeccables uniformes : jupes pour les filles, bleues, tout comme le pantalon des garçons. Blouses jaunes pour les deux sexes.
Plus tard, nous prenions un délicieux petit déjeuner, pain maison, un excellent café, beurre et confiture, et je songeais, les paupières encore lourdes de sommeil, que la proximité de cette école n'avait pas que du mauvais. Il n'était pas donné à tout le monde d'assister à tel spectacle, que nous avions été loin de trouver ridicule...
Raisons pour lesquelles( pain et école), nous ne changerions pas de crémerie pour les deux nuits à venir ? Meilleur sommeil pour moi, habitude prise. Mon mari, quant à lui, ayant dormi comme une souche.
Monnayer un tuk-tuk pour la journée, temps requis pour visiter les principaux temples du parc historique, bien trop vaste pour être parcouru à pied, on s'embarquait pour une pause féerique. Toute de grandeur, de poésie et de spiritualité. Premières images suivantes pour vous en convaincre.

La pensée du jour : lorsque l'homme oublie de guerroyer, les chefs-d’œuvre naissent, défiant les siècles. Une seule bonne raison pour arrêter de se détruire, déployant notre génie à d'autres plus nobles causes.

Votre blogtrotteuse préférée, l'âme pacifiée par tant d'impensables merveilles, imprégnées de sacré

Illustrations : l'entrée du parc. Divers temples et statues restaurées ou en voie de restauration, inscription au patrimoine mondial de l'Unesco.



samedi 31 décembre 2011

Bus pour Sukhothaï




















Nous voici déjà au 10 février ! Il est temps de changer d'horizon. Départ à 9h30 en bus local, guère moins confortable que notre bus VIP, et en bien plus intéressant, à tout point de vue ! 220 bahts pour les deux, soit un total d'environ 5 euros. 5h30 de trajet, arrivée prévue : 15 heures.
Les routes, goudronnées et très bien entretenues, sont partagées en leur milieu par d'éclatantes bougainvillées. Aux abords des villes, le cordon de bitume devient quasi une autoroute, largement empruntée par des véhicules de tous gabarits : vélos, motos, autocars, bus, tuks-tuks, 4x4, tanguant triporteurs lourdement chargés, se dirigeant vers le marché local le plus proche. Gymkhana obligatoire !
Premier arrêt : Lamphun. Ensuite, mystère ! Tout étant écrit en thaï... D'épaisses forêts s'apparentant à la jungle forment l'ensemble du paysage, avant que ne réapparaissent les traditionnelles rizières auxquelles succéderont diverses cultures et de nombreux troupeaux de vache. A mesure que l'on redescend vers le sud, bananiers et cocotiers se multiplient et la chaleur augmente. Le climat tempéré du nord n'est plus qu'un agréable souvenir. Des villages s'égrènent, la plupart des maisons en bois et sur pilotis, sans oublier l'inaliénable alignée de commerces, habitation à l'étage, comme de juste.
Pile à l'heure, on atteint les faubourgs de Sukhothaï, avec une vue à couper le souffle sur le parc historique. L'indispensable taxi, (les gares routières sont toujours situées à l'extérieur des villes) une petite marche, on se dégotte un très joli "guest house" ou petite auberge, constituée d'un groupement de charmants bungalows dans un frais jardin peuplé de chants d'oiseaux. Pourquoi chercher plus loin ?
Aussitôt installés, un petit creux, direction la Sukhothaï moderne, sise après le pont, à quelques dix minutes à pied. Peu ou pas de touristes, un grand bouddha blanc dans un parc semi à l'abandon, quelques roses et soudain, un immense marché, labyrinthique et passablement poussiéreux. On se hâte de rejoindre ce qui nous paraît être le centre ville pour tomber en arrêt... devant des dizaines de boutiques et un nouveau marché, tout aussi tentaculaire que le précédent, version citadine ! Rues qui s'entrecroisent, motos qui pétaradent, légumes et fruits à foison, viande, poissons, vêtements et tout matériel, on est très vite perdus, avant de se repérer grâce à notre pont.
Banderoles qui célèbrent encore le Nouvel An chinois, année 2554, année du lapin, il nous semble que cette ville, en dépit de sa relative petitesse, soit le paradis du négoce ! Largement de quoi satisfaire notre estomac gargouillant !

La pensée du jour : bon lit et panse pleine rendent l'homme et la femme heureux. Ajoutez-y la paix d'un jardin zen et fleuri, vous aurez le pourquoi de mon radieux sourire.

Votre toujours satisfaite Mme Torchon-à-la-main,
Qui continue d'avoir un moral d'acier, malgré un abus manifeste de riz !

illustrations : notre bungalow. Il suffit de passer le pont. Cérémonie du Nouvel An chinois. 2554, année du lapin. Divers commerces : sous le store rouge, prolongement en marché couvert; poissons divers; orchidées; assortiment de piments, fruits et légumes.